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A la recherche de la Monique

La Monique au départ de Tadine (Dessin Raymond Proner) La Monique au départ de Tadine (Dessin Raymond Proner) Lorsque le 31 juillet 1953, à 14h, le caboteur la Monique s’éloigne, lourdement chargé, de son mouillage de Tadine (Maré) pour Nouméa, ses 126 passagers et membres d’équipage ne se doutaient pas qu’ils n’arriveront jamais à destination. Et pourtant, ce navire construit en 1946, en Nouvelle-Zélande, pour l’US Navy, était un bateau en bois particulièrement solide, comme l’étaient tous ses sister-ships construits la même année. Qu’est-il arrivé, dans cette nuit du 31 juillet au 1er août 1953, alors que la visibilité était excellente, avec un vent faible d’Est?

Une forte houle de Sud s’est-elle levée dans la nuit, vers minuit, alors que tous les passagers et membres d’équipage étaient assoupis? Le naufrage ne semble pas faire de doutes, et pourtant, pourquoi n’a-t-on rien retrouvé, sinon 4 fûts qui proviendraient, peut-être de la Monique ? Le navire aurait-il été piraté, dans cette période trouble de l’après-guerre? Comment expliquer que rien ne flottait sur la mer, alors que sur le pont du navire, s’entassaient sacs de cocos, fûts vides, paniers de fruits et de légumes,… sur lesquels était assoupie une centaine de passagers? Comment expliquer que deux navires et plusieurs cotres qui empruntaient quasiment la même route n’aient rien vu ?

Monument commémoratif de Tadine (Photo L.J. Barbançon) Monument commémoratif de Tadine (Photo L.J. Barbançon) Toutes ces interrogations n’ont pas encore reçu de réponse et, dans la mémoire calédonienne, ce drame inexpliqué hante encore toutes les familles, avec un deuil toujours présent. En 2003, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la disparition de la Monique, le Musée de l’Histoire Maritime de la NC a voulu commémorer le souvenir de ce drame par une exposition et la présentation d’un diaporama. Un public nombreux a participé et ce souvenir douloureux était empreint d’une forte émotion. C’est ce qui a amené l’association Fortunes de Mer Calédoniennes à ce projet hasardeux et un peu fou: retrouver la Monique.

Là, il ne s’agit plus de recherches classiques, sur des fonds de 45 mètres au maximum, avec le recours au scaphandre autonome pour des fouilles archéologiques. Il s’agit de retrouver une épave-sanctuaire qui gît sur des fonds compris entre 100 et 2100 mètres. L’espace à couvrir est énorme, et seul le recours à la technologie d’aujourd’hui de navires spécialisés, équipés d’un sonar latéral et de magnétomètres, peut nous permettre de retrouver l’épave. Mais la mer est capricieuse et ses courants de surface et de profondeur sont peu connus. Là aussi, nous devons avoir recours aux connaissances les plus pointues de la recherche: DTSI, Institut pour la Recherche et le Développement, Météo-France, SHOM… Le pari est osé, mais si la recherche 2010 est un échec, la surface couverte ne sera plus à prospecter par nos successeurs qui, avec des moyens techniques encore plus efficaces, pourrons poursuivre l’œuvre entreprise.

La Monique (Photo F. Dunn) La Monique (Photo F. Dunn) Plusieurs partenaires nous accompagnent, sur les plans financier et technique, pour mener à bien ce projet:

Nous espérons également que d’autres partenaires, comme la Province des Iles, nous rejoindront sur ce projet qui a fortement marqué la société calédonienne.

Prospection

Après des mois de préparation (études de documents, recherche de matériel et de financements), l’association Fortunes de Mer Calédoniennes prospectera du vendredi 30 avril au mardi 4 mai 2010 pour tenter de retrouver l’épave du caboteur La Monique. Ces recherches s’effectueront avec les navires Alis (géré par Genavir) et Isabelle de l’association.

Les études de cartes et de courants faites par l’IRD, les documents d’archives (messages radio, manifestes de chargements, témoignages divers…) donnent des informations intéressantes sur la zone à prospecter en priorité. Le secteur couvert par l’Alis est celui où la probabilité du naufrage est la plus importante. Il couvre 270 km² et se situe au large de la passe de la Havannah, en incluant dans sa partie sud le banc du Coëtlogon. Cette prospection systématique sera assurée de jour comme de nuit par des personnels et matériels très performants embarqués sur l’Alis.

Zone de recherche 2010 (document FMC) Zone de recherche 2010 (document FMC) Un sonar latéral  Klein 3000 et son treuil on été loués à Brisbane en Australie. La prospection sera réalisée sur des routes suivant approximativement le trajet de la Monique entre Tadine et le canal de la Havannah.  Les profils seront orientés en fonction des courants et de la pente avec un espacement de 300 mètres environ entre chaque profil.  Le poisson tracté sera positionné à une quarantaine de mètres au dessus des fonds sous-marins compris entre 80 et 500 mètres de profondeur.

Les ondes acoustiques  seront visualisées et interprétées en direct sur écrans à bord du navire. Les anomalies du fond (ou cibles) devront être confirmées ultérieurement pour identification. C’est le navire câblier Ile de Ré qui, gracieusement, lors d’un prochain transit vers Nouméa, enverra un ROV (robot téléguidé équipé d’une caméra, d’un bras avec pince articulée) sur les positions indiquées pour confirmer ou infirmer les découvertes.

Les 2 et 3 mai, les membres de l’association Fortunes de mer calédoniennes prospecteront à l’aide de leur magnétomètre la zone comprise entre la passe de la Havannah et la passe de la Sarcelle.

Texte: Alain Le Breüs

 

 

 

 

 
 
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